
In Toto et pars continetur, 2026, monotype sur zinc gravé sur livre scellé, 18 x 12 cm
« La partie est comprise dans le tout ». Ce volume est voisin de A Minori ad majus (« du moins au plus ») : le microcosme et le macrocosme sont imbriqués. Dans le titre, mais aussi dans l’image. Au centre de l’image et en couvrant les trois quarts, une montagne trône majestueusement. Mais elle semble encore défiée par le ciel en tempête : ce paysage a la violence qu’on lui connaît en haute montagne ou en hiver. C’est un exemple typique de ce que les beaux-arts appellent le « sublime » : crainte et admiration sont mêlées. Néanmoins, au centre de l’image, et se dégageant progressivement depuis le sommet de la montagne, se dessine, gravée, une structure géométrique qui intègre de l’ordre au cœur de ce chaos. C’est, à l’inverse du sublime, dans l’ordre que se situe le « beau ». Là où les deux notions sont habituellement cloisonnées, on voit poindre ici le beau au cœur du sublime, ou le sens depuis le cœur du désordre. Le chaos révèle ainsi le vrai visage du monde, dans le concept de « chaosmos » dont plusieurs auteurs ont vu un sens à cheval entre chaos et cosmos, depuis sa première occurrence chez James Joyce.